Les Russes, endettés en dollars, demandent de l’aide

De nombreux ménages russes qui ont contacté un crédit immobilier il ya seulement quelques années ne pensaient pas que le rouble perdrait de sa valeur 6 ans seulement plus tard. En conséquence, les citoyens de ce pays sont de plus en plus nombreux à se plaindre d’une situation qui devient très critique.

Des remboursements plus chers

rouble3Pour les citoyens endettés en dollars, les remboursements mensuels passent dans certains cas du simple au double. Un ménage russe qui doit par exemple verser près de 2100 dollars pour un crédit immobilier doit payer jusqu’à 115 000 roubles, alors qu’il y a moins d’un an, ce montant frisait à peine les 49 000 roubles.

Tous ceux qui ont contracté des crédits hypothécaires en devises étrangères en Russie se retrouvent dos au mur. Alors qu’ils s’appuyaient sur des taux d’intérêts moins prohibitifs que pour les crédits labellisés en rouble, ces derniers voient leurs mensualités s’envoler du fait notamment d’une chute inattendue du cours du pétrole, ainsi que des conséquences de la crise ukrainienne. Et les rapports de la banque centrale russe ne sont pas encourageants, puisqu’elle fait savoir que l’encours aux crédits hypothécaires représente plus de 3% du total des crédits immobiliers, soit 120 milliards de roubles !

Des citoyens qui s’insurgent

Devant la situation qui devient intenable, des centaines de détenteurs de crédits russes ont manifesté devant la banque centrale russe ces derniers mois. Ils se plaignent notamment des taux d’intérêt appliqués qui dépassent déjà les 10%, et pourraient atteindre 20% selon les injonctions de la banque centrale.

Pourtant, celle-ci prétend avoir prévenu les emprunteurs des risques liés aux emprunts en devises étrangères. Dans le même temps, l’institution pense qu’une restructuration des prêts convertis en roubles à un taux moins élevé serait profitable aux emprunteurs et aux banques. Pourtant, nombre de citoyens estiment qu’ils sont vraiment pris au piège, puisque dans certains cas, les remboursements pourraient être échelonnés sur plusieurs générations.

Une situation sans issue ?

L’impasse est donc plus épaisse que prévue. En effet, Evguéni Gontmakher, économiste célèbre, estime que la chute du rouble est déjà en soi une mauvaise nouvelle. Mais la conversion des crédits en rouble serait encore plus catastrophique, car les banques font face à un défaut de liquidités criard.

Pourtant, les bons exemples sont légion : la Hongrie confrontée à un problème similaire a pris sur elle d’alléger le poids de crédits de plus d’un million de ménages. Pour de nombreux députés russes, il faut songer à effacer ces crédits, et aider les ménages qui croulent sur le poids de dettes exorbitantes.

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Antoine Klein

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Expert dans les options binaires depuis 10 ans.

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